lundi 24 juin 2013

Expérience de citoyen

Il se passe des choses innombrables. Le citoyen non attentif risque la croissance de son ignorance si le flot d'électrons caquetants n'abreuve son sillon qu'avec discontinuité. Il le sait, alors il se tient à l'affût, il évite la parcimonie de son savoir. Son qui-vive est sempiternel. Il touite, Mais parfois il doit aller faire caca rapidement et il oublie d'emporter son tiliphone d'internets. Et lorsqu'il n'est ainsi pas coagulé à l'information, le nombres de choses qui ont eu lieu a augmenté dans son insu de citoyen.
Heureusement, la rédaction veille et circonscrit ce qui est important pour l'usage de son facebook de tout à l'heure. En l'occurrence, ces derniers six mois, il s'est essentiellement passé des choses compliquées, comme l'interdiction de faire semblant de fumer dans les lieux publics à cause que ça donnerait envie aux gens de fumer, hyprême abominator cannibalistique. Non non non. Parallèlement, il est encouragé de se droguer avec du matériel propre. Oui oui oui. [x] J'aime. Alors, pour ne pas sombrer dans un paradoxe noueur de neurone, lisons une blague dans la détente du passe-temps. N'oublie pas de te détendre pour passer le temps inexorable, se dis-je, le seul citoyen qui.
Mais le citoyen se questionne ainsi que ses congénères, car il n'est pas que futilité. Il s'implique, il s'investit dans la vie, le monde est son lieu. Quand il a rattrapé le flux du temps réel, les sujets de réflexions abondent en effet. Il faut notamment élucider l'impact de l'absence de slip de Superman 2013, est-ce réellement la validation de l'expression Superman == Jésus ? Est-ce un nouvel attentat de la force noire du libéralisme contre l'herméneutique de l'amour global ? Ou encore un déni de traditions pluri-décennale dans une optique post-moderniste d'exploitation à deux vitesses ?
Le citoyen ne le sait et part louer un torrent. Ça suffit comme ça la prise de tête. Oui, il le reconnait verbalement, les loisirs de distraction constituent son point de focalisation intrinsèque, le reste est tout de même un peu trop chiant. Il aime par dessus tout les pixels qui bougent, par exemple le nouveau bouse-Goldorak ou encore l'ersatz 2013 de Zardoz. Malheureusement, ce faux Zardoz ne possède aucun Sean Connery en slip et risque donc de bien être ce qu'il promet : du caca à très haute densité de brun.
Que faire alors ? Qui sauvera le divertissement citoyen ? Quoi voir ? Se tourner vers l'une ou l'autre des dernières coulées de diarrhée incarnant Bouse Ouillisse ? Non, cela serait tout de même exagéré. Le citoyen se dit qu'il convient plutôt de se tourner vers la production onctueuse des fonctionnaires du rêve éveillé, c'est-à-dire les films artistiques avec des gens qui parlent des dialogues de sentiments de la vie, comme Rue Mandar :

Ah ! Nous voici loin des hélicoptères et des rayons du futur. Mais tout n'est pas perdu, il se peut que ce soit très mauvais tout de même. Et bien oui ! Ce que nous, en temps que spectateurs médusés, perdons en explosions, nous le regagnons par le biais d'une absence complète de ligne de scénario et une abondance de vacuité. Comme d'autres Everest de prétention creuse et poussive, cette pourriture intitulée Rue Mandar est le typique film de famille (ici mâtiné d'une solide promotion du ministère israélien de la propagande) rempli de rien, une suite de scènes intensément sans intérêt avec des personnages pénibles que l'on adorerait transférer dans Human Centipede, voire Serbian Film. Cette chose filmée est en réalité un test de résilience nerveuse, le citoyen qui tient jusqu'au bout remporte la médaille d'or 3000 de résistance à l'exaspération. Mention spéciale double-polype à l'actrice blonde Kimberlain qui devrait effectivement se faire enculer tel que stipulé par un autres des protagonistes moisis de cette grosse merde de film de merde.

Le citoyen n'ayant pas eu de chance avec Rue Mandar, il cherche un autre moyen de divertissement. Tiens ! Un nouveau film avec José Garcia, ça doit être rigolo ! En plus il a une moustache ! C'est rigolo les moustaches ! Allez, on regarde Vive La France, une bonne rigolade en perspective !

Mein Gott, se dit le citoyen atterré qui n'a pas jeté une enclume dans sa télé, mais qui le regrette. Eh oui, la science le prouve : regarder Vive La France procure moins de satisfaction que regarder pendant 90 minutes un chiotte bouché dans lequel ton plus gros ami vient de faire caca (or il avait mangé une choucroute et des poireaux aux frites de porc plus une double tarte aux quetsches). Cette atrocité filmique reprend la trame du Tour de Gaule d'Astérix, avec ses nombreux personnages bourrus et ses dénouements au grand coeur. C'est très original. Que de truculence. En plus il y a un message de société sociale, le citoyen engagé se régale, puis vomit. L'on recommande la chaise électrique pour tous les participants à cette sous-production super-chiassique qui sidère de nullité plusieurs heures après la fin. Vaut-il mieux courir contre des marteaux suspendus à des fils de fer barbelés que voir Vive La France ? C'est très probable.

Mais diantre, est-ce caca obligatoire à tous les étages, n'y-a-t-il point moyen de glousser de bon aloi ? Ah siiiiiii, voici Turf, une comédie prometteuse ! On va se bidonner !

Le citoyen est arrêté par la police car il a jeté sa télé par le fenêtre du sixième étage et a écrasé des jumeaux en poussette. Il a juste le temps de nous résumer le "film" : Chiassetérix et ses trois amis handicapés (dont Jules César) rachètent un cheval de course à Obélix, dans l'espoir de gagner des argents multiples. Le cheval se révèle une vieille carne inutile qui perd toutes ses premières compétitions. On ne devine pas du tout que finalement, le cheval tout pourri va se mettre à courir plus vite, qu'il va gagner la médaille, que la blonde initialement rétive va finalement embrasser Chiassetérix et que les gens vont devenir riche, même si l'argent c'est mal et ce qui compte c'est l'amitié. La rédaction met n'importe quel autre citoyen au défi de sourire une seule fois pendant le déroulement de cette pitoyable flatulence subventionnée, générique inclus. En revanche, on recommande la prudence et l'éloignement des armes à feu pendant la torture du visionnement. Les gens de ce film sont tous vraiment très nuls, ils doivent aller au chômage dans les plus brefs délais impartis. Ou plutôt au four crématoire le plus proche, soyons verts.

Alors la preuve est faite, l'industrie cinéchiassographique n'est qu'une façade pour le blanchiment de l'argent de la mafia. Le rasoir d'Occam a parlé : c'est la seule explication plausible pour tant de nullité surdimensionnée en si peu de "films". D'ailleurs il s'agirait de faire un petit peu attention car avec une telle densité de caca pourri, on approche dangereusement de la singularité du trou brun qui risque d'absorber le système solaire en entier dans son grand scato-vortex. Ce serait tout de même moins glorieux que de se faire vaporiser dans le grand feu nucléaire que l'on nous promet depuis cinquante ans (des promesses, toujours des promesses !), ou de se disloquer infiniment dans le célèbre trou noir du CERN.
En désespoir de cause, frustré de ses velléités de divertissement, interrogatif sur le sens des lignes de la vie du destin, le citoyen n'a plus d'autre projet que recalculer son thème astral, car c'est par lui-même que commence l'ouverture aux autres d'autrui. Puis il scie un chat.

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