La carotte a toujours été considérée comme un légume. Mais comme suite à l'entrée dans la Communauté Economique Européenne du Portugal en 1986, et pour que celui-ci puisse vendre sa confiture de carotte, spécialité locale, la Communauté a dû officiellement faire de la carotte un fruit, car il était impossible d'appeler confiture un aliment confectionné à partir de légumes. Ainsi, grâce à la verve législative des gens superbement salariés avec ton argent assis à Bruxelles (et à Strasbourg, mais pas en même temps car tous ne sont pas encore télépathes, euh non, ubiquistes), la taxonomie progresse dans le sens de l'avenir du futur. Aujourd'hui, la carotte est un fruit - demain, le mariage avec ton slip. C'est bien. Notre amour de la prolifération de règlements aussi beaux est inextinguible : que la toute-puissance églislative continue de bénir nos âmes tâtonnantes en les scintillant de sa foi téléscopique.
Mais pesons le poids de cette décision en particulier, car nos anges gardiens ont transmuté la carotte en fruit, et comme nous allons le constater, cela n'est pas sans conséquence notable grâce à l'effet pape-ion bien connu. Certains risquent même d'être surpris, et d'autres aussi. Rappel : la carotte est désormais un fruit pour ne pas perturber la définition de confiture, la confiture de carotte peut ainsi continuer d'exister. Jusqu'ici, tout le monde comprend. Il s'agit d'un acte créationniste de bon aloi comme il en existe de nombreux autres.
(ATTENTION) L'emboîtement des effets de causes demande désormais de considérer le cas de la confiture de lait. Si la confiture est obligatoirement une préparation à base de fruits tel que l'enseigne la loi de la carotte, alors le lait est un fruit, puisque la confiture de lait existe. Relisons ce paragraphe un petit peu ardu à haute voix afin de bien asseoir notre réflexion : si la confiture est obligatoirement une préparation à base de fruits tel que l'enseigne la loi de la carotte, alors le lait est un fruit, puisque la confiture de lait existe. Grâce aux italiques, l'on distingue bien les mots importants sur lesquels il convient de se concentrer. Le lait est un fruit.
Oui, le lait est un fruit. Ceci étant établi, nous pouvons maintenant passer au dénouement de cette saga booléenne dont les députés européens peuvent être bien fiers : si le lait est un fruit, alors la vache est un arbre. Zénon d'Élée s'en mordrait le zizi de jalousie de n'avoir considéré cela le premier.
En tant que telle, cette révélation est une illumination libératrice pour plusieurs personnes. Oui, on peut désormais manger un steak (morceau de vache) la conscience toute apaisée puisque la vache (source de steak) est, en tant qu'arbre, cousine de la courgette - voire de la carotte, afin de boucler la boucle en un salto élégant. La vache est un arbre, or personne ne dit rien lorsque l'on mange un platane. Alors une avalanche de sérénité nous submerge. Désormais nous mangeons des vaches sans risquer la foudre de Brigitte Bardot. La vache, c'est permis. La quiétude éthique du steak d'arbre est un bienfait inestimable. Et ceci simplement grâce au travail consciencieux d'une poignée de députés dévoués et citoyens. Citoyen vachétarien, à ton barbe-cul !
PS : puisque la vache est un arbre, le veau est un petit arbre. On peut donc enculer des veaux sans risquer de condamnation pour zoophilie, puisqu'il n'est pas illégal de s'enfiler des courgettes, de plus Paco Rabane-le Réincarné copule des terres en toute impunité.
Pour atteindre l'altitude des joies solides, certains disent qu'il suffit de se mettre tout nu avec d'autres gens pour faire coïncider ce qui peut l'être dans les limites des affirmations d'Euclide, ou de s'attabler devant un soufflé au homard gratiné avec un vin choisi par quelqu'un qui s'y connait. Mais cette apparence de simplicité ne doit pas masquer les préparatifs laborieux que ces occupations impliquent, ni leur financement important. C'est très compliqué, et de surcroît bien bourgeois (qui ne se souvient de DSK !), ce qui est vil.
Sachons-le : il existe un passe-temps beaucoup plus simple, apportant un bonheur de même diamètre et accessible par le biais d'un investissement tendant vers zéro. Le nombre de participant requis est de un, c'est-à-dire soi-même, et c'est bien pratique pour éviter les conversations illettrées et la confrontation d'agendas. En outre on peut choisir sa propre musique et donc éviter la techno (de bourgeois). En guise de cerise sur le gâteau, ce loisir ne requiert que passivité et patience immobile, c'est donc très peu fatiguant et aménage des plages horaires que l'on peut dédier à la lecture ou à la manifestation anti-capitalise; car oui, ce loisir a en outre l'avantage de ne pas requérir la présence de son protagoniste, ceci est exceptionnel. Et ce n'est pas tout : c'est aussi un loisir biodégradable, analogique, sanitaire, épanouissant et avantageux en nourriture.
De quoi s'agit-il donc ? Quel loisir peut regrouper tant de qualités quand tant d'autres, tel fumer ou regarder un très mauvais film (pléonasmeaccentué), se terminent par un sentiment coupable de nuisance auto-administrée ? Quel ? Le souricide : le meurtre prémédité de souris, le génocide de ces petites saloperies grouillantes, l'extermination méthodique de toute leur famille, voilà ce qui est bon pour toi et moi.
C'est effectivement plus simple à mettre en place qu'un soufflé au homard ou une partouze : il suffit de disposer des tapettes (à souris, pas à enculer) en plusieurs points du domicile. Tartine un peu de beurre d'arachides en guise d'appât, arme la tapette, c'est prêt. Tu peux vaquer. Cela t'aura pris une trentaine de secondes. Qui dit mieux ?
C'est également beaucoup moins cher : Loblaws vend le paquet de deux tapettes pour 74c, ce qui fait 37c (plus taxes d'égalité-solidarité) par souris. C'est moitié moins cher qu'un préservatif et onze fois moins cher que du beurre. Qui dit mieux ?
C'est biodégradable : il suffit de jeter les cadavres de souris à la poubelle. Les plus sophistiqués d'entre vous pourront les jeter (un par un) aux toilettes et faire caca par dessus. Même au S21 ils ne pouvaient pas faire ça ! Car un bourgeois, même démembré, c'est beaucoup trop gros pour une plomberie standard.
C'est totalement analogique : une tapette à souris, c'est du bois, de l'acier (et bizarrement, un peu de plastique dans les derniers modèles du Loblaws). L'inconvénient est que, à taille égale, l'on ne peut pas aller sur internet par le truchement de cet objet, c'est un petit peu embêtant. Mais qu'à cela ne tienne, ton téléphone n'est jamais bien loin, jeune bougre ! Cela dit, l'inventeur de la tapette mérite le prix Nobel d'Obama, sa création ultra simpliste n'a quasiment pas évolué depuis son invention, cela prouve qu'elle fut parfaite dès sa conception. Cet homme inconnu (contrairement à Steve Jobs) est de facto le modèle subliminal des gens admirables de notre civilisation. Ce monsieur synthétise l'idéal que chacun se devrait de poursuivre avec volupté volontaire : génie, humilité, simplicité, efficacité. La tapette est l'outil ontologique à vocation anti-évolutionniste, son inventeur est le Mozart-Laborit-Spinoza du souricide, que son âme belle et puissante baigne dans les océans de la reconnaissance universelle ! Amen à toi, Ô inventeur de la tapette à souris. L'autre jour, j'en ai croisé une dans l'escalier (une souris), j'ai essayé de lui marcher dessus pour l'écrabouiller. Il y a deux jours, j'en vois une sur mon bureau, je saisis le cutter pour la saigner. Échec dans les deux cas, naturellement - trop d'inertie et de lenteur molle dans ce corps de primate en slip. Alors amen à toi, Ô synthétiseur du génie humain, violeur de la vie des souris par procuration, et merci. Bien nentendu, cet ode au génie de la tapette à souris est écrite au masculin dans un soucis de simplicité grammaticale volontaire, même si c'est mal. N'empêche, l'inventeur de la tapette est un monsieur, j'en mets mes poils à couper, car une femme ne peut propager la mort, la femme enfante, elle donne la vie en riant, elle est la sève positive des forces de l'amour.
C'est sanitaire : la souris est un petit animal de merde, c'est-à-dire qu'elle contribue essentiellement à la vie de l'être humain en chiant un peu partout dans son domicile. Sur la cuisinière par exemple. J'ai même trouvé du caca de souris sur ma souris d'ordi. L'époque sombre où je vais trouver du caca de souris dans une pochette de disque approche. Ce sera la fin de l'univers de la paix et le passage à la guerre chimique et au poison. Finie la mort subite par éclatement cervical, place à l'agonie et aux contorsions. Tu dessécheras en couinant dans les interstices de la baraque où tu te réfugies telle une Ann Frank quadrupède, petite merde à poils. Tuer des souris est oeuvre sanitaire par élimination de leur invasion de caca. Impératifs de la désinfection de mort septique.
C'est avantageux en nourriture : les souris ne se risquent pas à notre promiscuité à nous autres, les électro-singes du savoir solidaire, par amour des sensations fortes ou de la conversation. Non, ces méprisablesrongeurs boudent nos bibliothèques et nos skis nautiques pour se concentrer sur le garde-manger. Petites putes. Plus de souris meurent, moins mon manger diminue. C'est bien.
Le plus grandiose de cette liste les avantages du souricide reste tout de même le plaisir pur. La vraie joie et la plénitude sincère que l'on ressent lorsque l'on visite les emplacements de tapettes pour les découvrir garnies de petits cadavres disloqués ne se compare qu'avec peu d'autres choses, pas même le soufflé au homard. La matin en se levant, le soir en rentrant du travail, une tournée d'inspection des pièges avec à la clef un ou deux corps tordus : c'est Noêl. C'est comme recevoir le nouveau Gargoyle dans la boîte aux lettres, ou se faire double-sucer. Une souris morte. Une autre souris morte. La vie a un sens. Ces petits cacas poilus à queue filiforme, fracassés dans les tapettes, cela vaut toute une boîte de Bromazépam. C'est fantastique. Passer vingt-trois minutes à observer la chose, se demandant si elle est morte sur le coup ou si elle a lutté en couinant désespérément. Lorsque la nuque ou le crâne a été défoncé, on peut croire que la mort fut instantanée. C'est dommage, mais on ne peut pas tout avoir. Dans d'autre cas, c'est le dos qui est cassé en deux, ou le museau. Des traces de sang circulaires autour du piège témoignent que la petite pourriture a eu le temps de chercher une issue à son destin bien morose, mais la douleur et l'épuisement ont pris le dessus. On se risque même à imaginer que le parasite mort est père ou mère de famille et que son décès brutal signe l'arrêt du ravitaillement d'une portée complète d'ignobles petits souriceaux qui vont crever dans leur coin poussiéreux. Ils vont peut-être même se bouffer entre eux. C'est formidable.
Le plus beau est que Greenpeace et la SPA ne diront rien sur ce génocide à domicile trop peu télégénique. Aucune érection de pancartes en vue, paix dans l'éradication animale. J'envisage même de passer au piège à colle qui immobilise la souris sans la tuer. Cela me permettra de les embarquer vivantes dans un wagon à bestiau de train électrique Playmobil pour les déporter vers un camp de concentration d'intérieur que j'envisage de bâtir avec le fort Playmobil. Il y aurait une chambre à gaz conçu à partir d'un carton fermé dans lequel j'irais péter, et peut-être un petit four, ou alors un tonneau à acide comme dans Breaking Bad, soyons moderne dans le progrès. Confectionner des petits pyjamas rayés ?
C'est trop bon de s'en prendre à plus petit, plus faible et plus con que soi. Avec toute la noblesse de la justification morale de la santé, de la sécurité des objets et la défense de la propriété privée. Oui, oui, oui.
C'est la coutume, la rédaction pirate des films pour faire mourir l'industrie du crétinisme parasitaire, le fameux cinématographe.
De toute façon, tes impôts ont déjà payé pour toute ces images qui bougent avec des sons synchronisés, tu as le droit de les pomper sur le net en tant que tel de plein gré. N'hésite pas.
Alors voyons ce que nous proposent aujourd'hui les fonctionnaires de la poésie créatrice des sentiments à fleur de peau :
Cette comédie tendre et enjouée relate les aventures d'un couple aux prises avec les affres de la reproduction, avec force dialogues truculents et autres situations cocasses. On y apprend que le plus important, c'est l'amour, et que la famille aussi, tout cela par le biais d'images en couleurs et de personnages de vérité. Une folle envie de casser des crânes, ceux des acteurs évidemment mais surtout ceux du "scénariste" et de la personne qui a eu l'idée de cette cochonnerie diabétique, empare les nerfs du spectateur innocent qui commet l'erreur grave de consommer ce produit de plastique translucide jusqu'au bout. Ledit spectateur se sent très con de n'avoir pas appuyé sur STOP ou d'avoir jeté des briques dans sa télé géante. Jamais, jamais il ne récupérera les 80 minutes englouties dans ce torrent de caca jauni. Interdit aux plus de 6 ans. Cerise sur le râteau, on regrette l'absence remarquée de Sophie Marceau dans cette version de La Boum À La Clinique D'Insémination.
Enfin, enfin un film à message pour s'indigner avec vigueur de la méchanceté des banquiers. Il était temps. D'abord, ces enculés de banquiers sont sans scrupule, et après, ils prennent tout le pognon aux pauvres pour le donner aux riches. Non, franchement, on n'est pas d'accord. Bande d'enculés. À cet effet, Gad Elmaleh nous hypnotise en parvenant à froncer les sourcils pendant tout le film sans relâche. Car contrairement à d'habitude, il n'incarne pas un type simple et honnête de la vie de tous les jours dans la rue, mais bien un enculé qui gagne des millions et d'autres millions en limousines avec internet dedans. Alors il fronce les sourcils pour qu'on ne confonde pas avec ses autres films de d'habitude. Mais attention, le personnage de sa femme simplette est contre et demande à quoi peut bien servir tout cet argent et elle lit des livres sur Mao, et finalement on s'aperçoit que ce qui compte pour de vrai, c'est pas le vil argent, mais les repas de famille avec des oncles bourrus et des pommes de terres à l'huile en toute simplicité de la vie de tous les jours, bien plus que niquer des mannequins à New York, ou faire des virements, ou des chèques, ou prendre l'avion, ou avoir des rideaux épais. Mais, attention, Gad le banquier est plus complexe que cela, il est en fait tourmenté par tout le mal qu'il commet et finalement ré-encule les enculés pour leur faire comprendre que quand même, attention. Là, il défronce ses sourcils et sourit et on le reconnait mieux, notre bon Gad, ah voilà. Un film anti-millions par des millionnaires subventionnés, du grand art à fort tour de poitrine qui mérite une statue dorée au prochain festival de ceci ou de cela.
Malgré sa trop grosse longueur, ce film n'est pas trop chiant car sa nullité permet de glousser de manière répétée. De plus, on peut se lever plusieurs fois pour aller chercher du gâteau à la cuisine sans perdre le fil. Mais on remarque regrettablement la non présence culminante de Sophie Marceau dans ce remake de La Boum À Wall Street.
Passons à de vrais films :
Fase 7 est décevant parce qu'il y a S.O.D. dans la musique de la bande annonce, alors on bande, mais dans le film il y a seulement le t-shirt. Sinon, c'est un sympathique petit film d'épidémie, un peu mou, un peu complètement inoriginal, mais la réplique "Nous sommes sept plus une femme de ménage" vaut tout le film à elle seule. Mais bon, hein, bon. The Signal était infiniment supérieur, notamment en terme de supériorité.
L'Antisémite était merdique, Métastases est bon, malgré l'absence d'uniforme SS. Merci Dieudonné. Bis !
Enfin ça y'est ! Au terme d'un petite quarantaine de cacas (entre 38 et 43, selon une étude), j'ai terminé la lecture de
Mais, mais, se déconcerte la personne que tu es, pourquoi dévaluer de si nombreux moments de volupté ? Pourquoi se sevrer le neurone avec aussi peu, voire tant de rien ? Pourquoi corrompre de cette manière du temps de mammifère heureux ? Pourquoi rabaisser l'aboutissement du merveilleux travail intestinal à ce vertige de l'infiniment petit ? Pourquoi, re-pourquoi ? C'est une question volumineuse, mais à dédramatiser : il s'agissait seulement des cacas du matin, au premier étage. Les cacas du soir, au rez-de-chaussée, sont toujours consacrés à des oeuvres dignes de toute la considération enthousiaste de l'être humain de bonne qualité, par exemple les magnifiques écritures du Professeur Choron ou les aventures de Superman chez Joseph Staline. Soyons audacieux mais pas téméraires, Nelly une fois sur deux seulement.
Donc, pourquoi ai-je commis cet acte qualifiable de lecture masochiste ? Pour la gloire de la connaissance bien sûr, mais surtout pour respecter le principe de l'indignation documentée. Indignez-vous, disait un monsieur mort dont les écrits inspirèrent de nombreux adolescents exaltés. Oui d'accord, mais alors en connaissance de cause, sinon ça ne vaut pas plus qu'un bouchon de stylo orphelin.
Or l'indignation surchauffa mes bulbes pileux quand l'aîné de mes bébés, élève de troisième année de CÉGEP, m'informa que son professeur de français inscrivait la lecture de Folle au programme de l'année. Passées les premières minutes de déni stupéfait, et après avoir été convaincu qu'il ne s'agissait pas d'une blague très lourde, je décidai donc de lire cette chose afin de vérifier la justesse de mon indignation en ébullition. Il semblait aberrant de faire lire ceci dans une école, mais il restait un espoir que ce texte fût finalement un livre, et non pas une version longue des incroyablement nulles chroniques de maman Nelly dans feu l'hebdo gratuit Ici. Ne pas condamner sans savoir, avant de secouer la tête avec dépit. Lire ce "livre". Dont acte, parce qu'il est exclu de se ridiculiser comme les sous-hommes qui avaient signé une pétition anti Irréversible sans l'avoir vu (ah tiens, dont Amir Khadir; étonnant, non ?).
Eh bien voilà. 41 cacas plus tard, j'ai consommé l'intégralité du machin, et je confirme que la classe du style, la profondeur philosophique, le trame narrative, la poésie des sentiments, l'originalité, la culture, bref tous les éléments clef des chroniques de Nelly sont abondamment disponibles dans ce "roman". C'est de la magie. Industrieuse, mais de la magie, car cela occupe plus de 160 pages, un tour de force.
Alors toi qui es encore vierge de cette expérience gravitationnelle, je peux t'épargner la vie d'une quarantaine de cacas en te livrant les points saillants de ce texte :
- le style est : journal intime de fille urbaine
- le contenu est le détail de la relation de quelques mois entre la fille urbaine et un monsieur non nommé, qui semble tout aussi brillant
- et puis c'est tout.
C'est comme la Boum, avec Nelly le rôle de Sophie Marceau, mais en plus ennuyeux et avec des protagonistes plus âgés d'un quinzaine d'année sur le plan physique, mais pas intellectuel.
Si tu es élève du fameux CÉGEP et que tu dois remplir une fiche de lecture, voici ce qu'il faut retenir :
- le nom du chat est Oréo
- cela se passe sur la Plateau
- le nom du bar est Billy Kun
- les gens consomment de la coke
- il y a des DJ avec des blousons
- le monsieur est très beau
- il pratique la pornographie ambidextre
- de même que la fille urbaine, mais moins
- la fille urbaine et le monsieur font aussi des cochonneries ensemble, soit chez eux, soit au chalet
- la fille est malheureuse et se jette sur son oreiller en sanglotant
- elle avorte
- éléments récurrents du scénario : branlette, prénoms de femmes, enculer et espionnage d'email
- un paragraphe sur deux se termine sur une référence à la sagesse du grand-papa mort ou à la tante cartomancienne (mais j'ai oublié les signes astrologiques de tout le monde, désolé)
- le papa du monsieur aimait l'astronomie et les étoiles fabriquent des atomes de fer
- voir la page psychologie de Elle Québec
Je ne mens pas.
La professeure de français incriminée plus haut inscrivit cette oeuvre fulminante au programme sous le thème de l'"individualisme", dans la lignée de René Descartes (je n'invente pas). Descartes - Nelly Arcan, tout un axe littéraire. Je vais relire les Méditations Métaphysiques, j'ai dû rater la scène où il s'essuie la bite dans l'herbe.
On en est donc rendus à ce niveau dans l'enseignement : après la visite du salon de l'auto (unique sortie scolaire de mon même bébé au secondaire), assimiler ce nombrilisme morveux force 15 à de la littérature et le faire lire à des étudiants. Car oui, parmi les trois livres que ces jeunes gens vont lire cette décennie (et les cinq suivantes), il était important de faire figurer celui de Nelly. Il n'y avait pas vraiment d'autre choix, la littérature est un domaine tellement peu fourni.
Alors à quand une analyse comparée en bac de philosophie de Sex In The City et Cloud Atlas selon l'herméneutique agnoslipe du maharadjah pulvérulent de Daniel Craig ? La conception du big mac à l'école hôtelière en douze semestres, peut-être ? Et le prochain prix nobel de littérature à Twitter de Facebook ?
Mais non, halte au sarcasme, ne fabriquons pas de pessimisme d'arrière-garde en supputant que le niveau baisse. Non, soyons modernes et progressistes, ouverts et télépathes, démocrates et bio-positifs : voyons le bon côté des choses. Ici, grâce à Nelly, c'est la cause étudiante qui sort moralement victorieuse; on sait désormais que sa lutte pour le pouvoir d'achat, sa revendication de la gratuité scolaire est tout à fait légitime si l'on considère que le prix à payer doit être en phase avec la valeur d'usage de l'objet consommé.
Toi ! Sache-le ! Aujourd'hui, c'est la SEULE fin du monde qui, c'est ton dernier jour de primate mobile, alors pour une fois ignore fècebouche et tutube, et consacre-toi à une activité enrichissante : la lecture du numéro vingt-deux de Roger Mag., le SEUL magazine qui. Tu es moderne dans ton progrès, tu as oublié la manipulation du papier, aussi la Rédaction t'offre les électrons équivalents au Roger numéro vingt-deux en ce faste jour d'apocalypse pleine et entière.
Prépare un nombre pluriel de gobelets de boisson, un altitude à deux chiffres de crêpes Roquefort-jambon de Parme, donne un grand coup de marteau dans ta télé, noie ton iTéléphone, enfile cette pile de disques : Eisenvater, Bad Brains, Slayer, Victims Family, Discharge, Gargoyle et puis installe-toi sur tes toilettes pour la journée, muni du numéro vingt-deux de Roger Mag, le SEUL magazine qui. N'oublie pas de baisser ton pantalon et ton slip avant de faire caca. Lis, fais caca. Tu lis, tu fais caca. Tu, lis, tu fais caca en lisant Roger Mag., le SEUL magazine qui. Toute la journée. C'est le plus beau dernier jour de ta vie. C'est maintenant où jamais.
C'est ainsi :
(clique avec objet adéquat afin de télépomper le pdf sous-jacent - range-le dans ton disque dur pour bénéficier de son envergure de deux pages afin d'en profiter à qui mieux mieux)
Avec son souci habituel de perfectionnisme, la Rédaction t'offre en supplément les électrons équivalents au cadeau central du numéro vingt-deux, à insérer mentalement au milieu du numéro vingt-deux tel que la version papier le propose dans la vie réelle :
Exemple du monde réel :
Le premier Roger en 3D sans besoin de lunettes 3D ! XXIe siècle !
C'est beau comme une descente d'organes. C'est une histoire de Gérards. Gérard Depardieu a fait disparaître, tel un Gérard Majax, un gros paquet de futurs impôts des caisses de la France par le biais d'un tour de magie intitulé "je déménage de l'autre côté de la frontière et je t'encule". Alors, dans l'esprit traditionnel de la chevalerie gauloise, le premier miniss des français hollandais traite Gérard Depardiobélix de minable à la poubélévision nationale :
Tant de classe met du baume au coeur de chaque patriote au menton rectangulaire. Cette leçon de savoir vivre est d'autant plus savoureuse que ce même premier miniss ne se prive pas de vanter les mérites de la délocalisation industrielle, rebaptisée avec de la vaseline : "colocalisation". Le gros Gérard s'exporte : mal. Exporter du boulot de pauvres : bien. Boire ou parler, il faut choisir, premier miniss.
Ce conseil confucéen sera également dirigé dans la direction générale de la bande des autres miniss qui se sont empressés d'imiter leur patron aigri, suivis de près par les journaliss, les analyss, les bloguiss et plein d'artiss jappant à qui mieux mieux à quel point c'est pas bien de donner son argent aux Belges, vilain Gérard.
Rappelons qu'en 2005, cette clique similaire fit tonner sans répit son canon à propagande au beurre pour le OUI lors du référendum sur la constitution Européenne. Le NON ayant gagné, les mêmes cancrelats esplikèrent aux Français à quel point ils sont cons et lourds, et ce sera OUI quand même, faut pas déconner, on sait ce qui est bon pour vous bande de Deschiens. L'Europe, c'est l'avenir du futur, c'est la prospérité galopante, c'est une Rolex à 50 ans, c'est la libarteuy de citoyen du monde, c'est l'ouverture sur l'amour du progrès; l'alternative inéluctable est que Jean-Marine va manger tes enfants dans leur lit depuis le ventre de la bête immonde. Tu veux pas ça, hein, tu veux pas ? Tu te rappelles la Shoah ? Plus jamais ça ! Vite, l'Europe !
Petit français, faut pas avoir peur du plombier polonais, ni du coiffeur danois. Il viennent t'aider dans la positivité du partage de la répartition croissante des richesses égales. Mais le Gérard belge, c'est pas pareil, tu comprends, noutres les gauchiss on aime les mots "honneur" et "patrie" sous certains angles, c'est-à-dire que l'on considère les frontières ouvertes dans un seul sens en proportion du pouvoir fiscal de chacun.
L'algorithme est simple : bool frontiereOuverteVersLexterieur = !GrosMillionaire;
Voilà. Ça compile maintenant. Merci.